Toulon informations Toulon et sa région
Telo.fr dans vos favoris | Telo.fr en page de démarrage | Recommander telo.fr | Contact
Accueil telo.fr

Rechercher un article




Toulon
Hyères

Gendarmes tuées: le suspect et sa compagne déférés devant un jugePosté le 19-06-2012
à 19:16:30
L'homme qui a avoué avoir tué deux gendarmes dimanche dans le Var, qualifié "d'incontrôlable" par son propre frère, devait être mis en examen mardi soir à Toulon, ainsi que sa compagne, poursuivie pour "complicité et dissimulation de preuves".

Abdallah Boumezar, un colosse d'1,80 m âgé de 30 ans, qui a déjà purgé plusieurs peines de prison, a reconnu lundi avoir tué Alicia Champlon, 29 ans, et Audrey Berthaut, une mère de famille de 35 ans, intervenues à Collobrières pour un différend à la suite d'un vol.
Lui et sa compagne sont arrivés peu après 19h mardi au palais de justice de Toulon, dans deux fourgons encadrés par des motards et aux vitres bâchées de tissu sombre.

Le tueur présumé devait être mis en examen pour "homicide volontaire" sur Audrey Berthaut, et "homicide volontaire commis avec préméditation" sur Alicia Champlon, a annoncé le procureur Xavier Tarabeux lors d'une conférence de presse. Dans les deux cas, des "circonstances aggravantes" devaient être retenues, en l'occurrence homicide sur "un militaire dans l'exercice de ses fonctions" et "dans le but de favoriser la fuite".

Sa compagne devait être mise en examen pour "complicité de crime et dissimulation de preuves", a précisé le magistrat.

"Sa complice encourt la même peine que l'auteur présumé des faits, soit la perpétuité", a-t-il ajouté, tous deux étant en état de récidive. Selon M. Tarabeux, la jeune femme avait été condamnée pour "vol aggravé" en mars 2009.

Dimanche, peu avant 23h, l'homme avait tiré deux coups de feu sur Audrey Berthaut, après une bagarre et après s'être emparé de son arme, avant de poursuivre sa collègue dans la rue et de tirer six balles dans sa direction.
La compagne du tireur est intervenue dans la rixe et son intervention a permis la commission des faits, a expliqué le procureur mardi.
Le couple qui s'était enfui à pied avait été interpellé sans résistance vers 3h00 du matin lundi dans le village, à 200 m du lieu du crime, après une opération de ratissage de la gendarmerie, dépêchée en masse dans la petite commune de 2.000 habitants transformée en camp retranché.

L'homme, qui habitait depuis peu Collobrières, avait été repéré comme un joueur de jeux de hasard et aperçu éméché par plusieurs témoins dimanche soir. Son frère, Chaouki Boumezar, a brossé mardi un portrait très dur du suspect: "il était incontrôlable, psychologiquement abattu, il a tué les gendarmes mais il aurait pu tuer ma mère, ma soeur ou moi."

"C'est un garçon qui a fait pas mal d'années de prison, c'est la déchéance. Je parlais pas mal avec lui, j'essayais de le recadrer", a-t-il raconté.

Condamné à plusieurs reprises depuis 2000 pour infraction à la législation sur les stupéfiants et vols, le meurtrier présumé était notamment sorti de prison en septembre après six ans d'incarcération.
Le 13 juin dernier, il avait été condamné à six mois avec sursis et mise à l'épreuve pour violences sur sa mère. Il avait été envoyé chez sa tante à Collobrières pour commencer une nouvelle vie.

La mère du prévenu a fait visiter lundi à des journalistes son appartement récemment dévasté par la colère d'un fils souvent sous l'emprise de l'alcool. Elle a regretté la non-application de peines plancher et estimé que son fils aurait dû être dans un hôpital psychiatrique.

Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a demandé mardi des "peines dissuasives" pour les "agresseurs et assassins" de policiers et gendarmes, posant la question des "peines plancher".
François Hollande avait promis durant la campagne présidentielle de supprimer "les peines plancher qui sont contraires au principe de l'individualisation des peines", ce qui avait provoqué l'ire de ce syndicat de police.
Le Front national a estimé lundi que cette affaire posait la question de la récidive.

Mardi le porte-parole de la Chancellerie Pierre Rancé a déclaré à l'AFP que "rien ne justifie que le ministère de la Justice commente une décision de justice prise par un juge indépendant qui a apprécié la gravité des faits et a pris des mesures immédiates pour protéger la victime".

Une cérémonie en hommage aux deux gendarmes se déroulera vendredi à 9h00 à Hyères, en présence du ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

AFP

Commentaires :

Les commentaires sont temporairement désactivés.
Merci de votre compréhension.
 
LGV PACA, quelle solution ?

Résultats | Archives